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Les chevets de kerlaz - Page 3

  • Anna GAVALDA - L'échappée belle

    Ma première lecture d'Anna Gavalda. J'ai dû mal tombé. Mis à part le début du livre concernant la belle-soeur Carine puis le passage de la noce où je me suis surpris à rire tout fort, rien à déclarer !

  • Gilles MARTIN-CHAUFFIER - Le roman de la Bretagne

    Une histoire de Bretagne inhabituelle, surprenante quelquefois et qui se termine en 1804 pour l'auteur. A mon avis, ce livre d'histoire se termine en 1514 car la suite n'a plus le même élan. Après la fin de "l'indépendance", c'est un récit historique des plus classiques, alors qu'avant c'est plaisant à lire, ce qui n'est pas toujours le cas . Voici quelques passages que vous pourrez découvrir au fil de ces pages.

     

    [Nous sommes vers 880...Attaque de Ragenhold, le chef norvégien...Alain Legrand s'expatrie]

    Nos saints et leurs serviteurs partirent prier pour nous à Auxerre, Paris, Montreuil ou Senlis. Et attention, je ne parle pas de ces petits saints de sous-préfecture qu’on invoque pour les rhumes de cerveau ou pour les règles douloureuses, je songe aux pères de l’âmebretonne, saint Corentin quittant Quimper pour Marmoutier, saint Gwénaël partant pour Courcouronnes, saint Samson réfugié à Orléans.

     

    [Nous sommes vers 1360...Charles de Blois (marié à Jeanne de Penthièvre) et Jean de Montfort se partage la Bretagne]

    Le Nord à Charles de Blois, le Sud à Jean de Montfort, son gendre. La lassitude est telle , la misère si criante que tout le monde est prêt à approuver. Sauf une personne : Jeanne de Penthièvre. C’est une cinglée mais c’est un vrai chef et une vraie Bretonne. Elle refuse. Diriger une mini Bretagne sans Nantes, Vannes et Quimper ! Jamais. Charles, son mari, plonge dans son missel mais ne comptez pas sur elle pour se laisser enfumer par les vapeurs d’encens. Elle lui rappelle sèchement de qui il tient ses droits sur le trône, le prie de renfiler ses bottes et, au lieu du prie-Dieu, l’expédie vers les écuries.

     

    [Nous sommes en 1492...au sujet des relations entre Anne de Beaujeu (ancienne régente) et Anne de Bretagne (nouvelle reine)…]

    Deux mois plus tard, la duchesse devenue reine (Anne de Bretagne) se venge. Le 8 février 1492, quinze jours après son quinzième anniversaire,dans la basilique de St Denis, pour la première fois de l’histoire de France, la souveraine a droit à un sacre personnel et solennel. Il s’agit de signifier clairement à l’Europe que seul le mariage avec Charles est valide. Et la petite fille en satin blanc a la joie perverse de voir sa traîne portée par la Beaujeu elle-même. Pauvre régente : elle n’a que trente et un ans et cette péronnelle haute comme trois pommes lui indique déjà la porte de sortie. Dès le premier coup d’œil, elles se détestent. Mais la nouvelle Première dame se moque de tels états d’âme. La souris n’a pas à téter les mamelles de la chatte et Madame de Beaujeu n’aura qu’à regagner ses terres.

  • Jean-Pierre ABRAHAM - Ici présent

    Nous voici parti en vélo dans le Pays bigouden vers Penmarch', Saint-Guénolé, Plonéour-Lanvern. Ce n'est pas qu'on s'ennuie mais voici quand même quelques extraits.

    JP Abraham2.jpg"... Derrière Tronoën, sur une colline à l’horizon, une bourgade infime apparaît le soir au coucher du soleil. Dans les derniers mouvements de la lumière elle grandit, éclatante de blancheur, sous son minaret étincelant. Ses habitants le savent-ils ? Sur la carte, avec une ficelle, elle est facile à repérer : c’est Plonéour-Lanvern..."

     

    "... Un pétrolier du nom de princesse s’est cassé en deux, à trente milles dans le suroît de la pointe. La nouvelle fraîche éclaire les visages, chez Line, au pied du grand phare. D’un coup ils rajeunissent, bien présents, fiers : on ne plaisante pas avec ce pays, il est tragique et beau, et nous vivons ici..."

     

    "... Un soir, lors d’un retour, du côté de la Tréminou, un homme jouait de la pioche sur un talus, préparant une haie sans doute, au bord de la route. C’était dans une petite côte assez facile. Il m’a vu venir de loin, s’est redressé longtemps à l’avance, sa silhouette semblait gigantesque sur l’orangé du ciel. Au passage, il a rejeté sa casquette en arrière, il a levé le bras, lancé un « Salut ! » si clair, si encourageant que bien sûr il aurait fallu s’arrêter, parler avec lui, lui demander quels arbustes il allait planter, quel temps il allait faire demain à son avis. Reprendre haleine ensemble. Pourquoi ne jamais savoir faire demi-tour..."

  • Yvon Le Men - La clef de la chapelle est au café d'en face

    Vraiment ce qu'il ya de mieux dans ce livre, c'est son titre.

    J'ai tout de même réussi à trouver un petit passage sur la langue bretonne qu'on entend mais qu'on ne comprend pas, nous natifs et habitants du Finistère-Ouest.

    " ...Et je me surprends à chanter les cantiques - mais seulement en breton - que je ne comprends pas mais que j'aime chanter.

    O SEIZ SANT HON PATRONED,

    MIGNONED HON ZUD KOZ,

    CHILAOUET HON PEDENNOU EUS LEIN

    AR BARADOZ

    GRAET MA VIMP GWIR GRISTENIEN

    EPAD NON HOLL BUHEZ

    HA MA VEFOMP EVURUS EN ENVO

    GANT DOUE !

    Comme si la langue me passait dans le corps et s'y retrouvait. Comme si le poème de la langue se renversait au moment d'être dit dans une autre langue; comme s'il me fallait l'ignorance pour connaître. Comme si ...Je ne sais pas... "

  • Gérard MORDILLAT - Vive la sociale

    Un bel hommage au XXème

    "Que serait Paris sans le XXème arrondissement ?
    Rien, un trou, une béance, un être incomplet en dix-neuf morceaux une ville ridicule.
    La ville entière repose entre les bras puissants de Belleville et de Ménilmontant. Si l’un des deux venait à lâcher, la catastrophe serait inévitable. Celui qui n’a jamais coursé les filles entre la rue Sorbier et la rue de la Bidassoa, jeté des oeufs sur les passants du haut de la rue Villiers de l’Isle-Adam, flâné rue des Cascades, maraudé passage des Entrepreneurs ou rue de la Cloche, peut toujours s’arracher les yeux d’admiration devant la tour Eiffel, le Louvre, l’Arc de Triomphe et autres plaisanteries mineures, il ne comprendra jamais rien à Paris, s’il ne comprend rien au XXème arrondissement. Le XXème n’est ni un paysage, ni une curiosité, ni un circuit touristique c’est un état d’esprit. Et ça ça ne s’explique pas."