Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Les chevets de kerlaz - Page 5

  • Alain Defossé - RETOUR A LA VILLE

    Des moments ordinaires dans sa ville…Nantes

    Dimanche :
    « …Le circuit des familles dans le centre, leur pas mesuré au long des boulevards, se perpétueront en eux, malgré eux, cette procession dans le gris, ces arrêts obligés devant tel ou tel magasin fermé, comme on irait chaque semaine fleurir les tombes… »

    La rue inévitable :
    « …crébillonner : monter la rue (puis la descendre sur l’autre trottoir), ou la descendre (puis la remonter sur l’autre trottoir) en regardant toutes les vitrines, commentant les articles et les prix, tout en poursuivant parallèlement une conversation futile, de préférence décousue, et en observant, dans le dixième de seconde, tous les gens que l’on croise, cela sans se départir de cette allure vive, un peu brutale, qui est – qui était – ici la règle, et ce plusieurs fois de suite, éventuellement , selon la saison, l’état du ciel, l’humeur du moment. Ce n’est pas là une aprade vaniteuse de petite ville provinciale ; c’est une technique… »

  • ...autres voluptés sportives de Philippe DELERM

    medium_couverture.jpg

    Ce titre est incomplet, mais les meilleurs moments de ce livre n'étaient pas dans la tranchée d'Arenberg...Les voici :


    You’ll never walk alone

    Les Reds de Liverpool ont davantage que des supporters : des milliers d’officiants pour une messe en l’honneur du dieu Football, qui sublime toutes les cheminées d’usine, et les mélancolies poisseuses du chômage.

    Dans les clubs anglais, les spectateurs sont tout près du jeu,au ras de la pelouse. On croit aux joueurs pour croire un peu en soi. Quand ça va mal, on chante : « you’ll never walk alone »


    Ils connaissent le film

    Ca n’a l’air de rien, mais ce n’est pas évident de descendre rapidement d’une chaise d’arbitre quand tout un central, quand toutes les cameras de la télévision se focalisent sur vous. Il faut se lever, se retourner, aborder les échelons sans se casser la figure. La silhouette a beau être déliée, elle fait contraste avec les chassés-glissés des virtuoses de la terre battue.


    A la cinquante-sixième

    Vite on apporte la civière. Et c’est là…Michel Platini, un peu voûté,a pris la main de Battiston, escorte la civière jusqu’à la ligne de touche. On voit qu’il parle à son coéquipier, on devine qu’il lui parle. « T’en fais pas, ça va aller », ou bien « Ce match, je te promets qu’on va le gagner ! »…

    C’est un très joli soir d’été, un soir de chaleur, de vacances...

    A la cinquante-sixième minute de la demi-finale Allemagne-France meurt la France de Poulidor, celle où le cœur bat plus fort pour celui qui perd en beauté.


    Loulou dans la piscine

    En 1990, le Racing, après prolongations, a eu le bon goût de se faire battre par Montpellier. Nicollin seul était conçu pour prononcer à la perfection « putain les mecs » attendu du dirigeant qui s’ébroue, ridicule et ravi, cheveux collants, costume dégoulinant, triomphant et résigné. On aura vu Loulou dans la piscine.


    Le multiplex

    Le multiplex, c’est comme un livre. On se la crée, cette petite pluie qui crachine sur Geoffroy-Guichard, cette moiteur maritime qui souffle sur La Beaujoire quand le correspondant garde l’antenne pour le corner.


    Vikash un peu ailleurs

    A Lyon, Paul Le Guen avait sous la main ce trésor fragile : la possibilité de faire jouer ensemble Carrière et Dhorasoo, le bonheur absolu de l’intelligence. Mais il a préféré des malabars et, bien sûr, au plan comptable,il n’aura pas eu tort.


    Triomphe à l’ombre

    Mais il y a ce moment, juste avant d’entrer dans le stade, le gagnant sait qu’il va gagner. Une zone d’ombre se dessine, tunnel anonyme sous les tribunes. Un arc de triomphe en béton brut de décoffrage. Au-delà, un haut rectangle de lumière éclabousse l’avvenir si proche, une rumeur encore imperceptible et dont il sait qu’elle va s’enfler, déferler dès qu’il apparaîtra.

  • Jean TEULE - Ô Verlaine

    Verlaine d'abord, Teulé ensuite...

    medium_ver_48.5.jpg


    Les sanglots longs
    Des violons
    De l'automne
    Blessent mon coeur
    D'une langueur
    Monotone.
    medium_ver_145.jpg

    Tout suffocant
    Et blême quand
    Sonne l'heure,
    Je me souviens
    Des jours anciens
    Et je pleure;
    medium_ver_200.jpg

    Et je m'en vais
    Au vent mauvais
    Qui m'emporte
    Deçà, delà,
    Pareil à la
    Feuille morte.

  • Les bâtons d'Arno Klarsfeld

    La pause d'été a été longue...Depuis le mois de mai j'en ai lu des bouquins dont le Da Vinci Code, mais j'y reviendrai. Voilà le dernier bouquin que je viens de terminer : "Les bâtons" d'Arno Klarsfeld.
     
    Des évidences sur la guerre de 1994 au Rwanda. Des vues en forme de flash quelquefois intéressantes.
     
    Sur la ville de Kigali : "...Par-delà le jardin, on aperçoit une ville qui n'en ai pas une. De tristes Lego salis, oubliés par les architectes, mais pas une ville. Au-delà de cette cité sans âme, c'est le Rwanda, ses vertes collines et son chagrin silencieux…"
     
    Sur la séparation "ethnique" établie par les européens : "...C'est nous qui avons foutu la merde ici. Quand on est arrivés, on a vu qu'il y avait des noirs grands et riches et d'autres, petits et pauvres. On en a conclu que des nobles intelligents, les Tutsis, avaient colonisé une bande de Noirs un peu débiles, les Hutus. En plus, on y trouvait notre avantage en tant que puissance occupante : pour diriger, il suffisait de déléguer aux Tutsis. Les Tutsis, tu penses bien qu'ils ont pas dit non. D'où la rancoeur des Hutus pour les Tutsis. Mais avant nous, Tutsis et Hutus représentaient seulement des classes sociales, rien de plus. Ce sont les européens qui , au début des années trente, ont imposé une carte d'identité sur laquelle était spécifié si l'on était hutu ou tutsi. Ce sont les euopéens qui ont imprimé une connotation raciale qui n'existait pas et n'avait jamais existé au Rwanda. Les missionnaires chrétiens ont accrédité cette thèse, faisant même des Tutsis une tribu égarée du christianisme…"
     
    Sur les situations à Paris et au Rwanda en été 94 : "...C'était l'été 1994, on massacrait à Ntarama, Gitarama ou Butare. On tuait en ville et dans la brousse…C'était l'été 1994 et il faisait beau à Paris. J'écrivais. J'ouvrais à peine le journal. Je marchais seul ou presque au milieu de vingt-cinq ans de souvenirs. J'étais parfaitement heureux et le Rwanda n'entamait pas mon bonheur. Si j'en avais eu le pouvoir, j'aurais arrêté définitivement le temps à ces journées ensoleillées, studieuses et égoïstes…"
     
    Sur les conditions des prisonniers : "...la cour [de la prison] est un océan rose. Je me frotte les yeux. Toute la gamme des roses est là, autant de nuances chromatiques que de souillures possibles. Ce sont les uniformes des prisonniers, des milliers de génocidaires comme des grappes d'abeilles vêtues de brboteuses roses. Formidable enchevêtrement de bras et de jambes. Une autre fosse commune, celle des vivants, celle des assassins ! Debout, accroupis, allongés, agenouillés, gisants, mourants…Dans cette cour de prison qui empeste, toutes les positions du corps humain sont exposées…"

  • La douarneniste et le commissaire

    Voilà un polar de Serge Le Gall très agréable à lire, surtout par les douarnenistes qui peuvent suivre les personnages à chaque coin de rue.
    On imagine le commissaire Landowski en gabardine "Colombo", la logeuse on la devine en coiffe douarneniste ( penn sardin ) avec son sarrot
    Une chose m'a contrarié. C'est l'emploi du langage douarneniste qui n'est pas toujours utilisé bien à propos.
     
    Exemples :
     
    - "...je vous ai entendu au-dessus de moi parement, même que j'ai pas pu fermer l'oeil avec vous !..." p.62
    Remarque : parement se dit en début de phrase et s'emploie surtout à la place de "j'espère que"et non de "bien sûr". Même problème p.96 "...mais du poisson parement...", p.106 "...j'ai envie de vous parler de ces deux chipies, parement...", p.137 "...j'avais raison, parement."
    - "...A mon âge,on a les os qui sont partis kraze, vous savez..." p.62
    Remarque : kraze s'emploie uniquement pour les crêpes. Une crêpe kraze a presque la texture d'une crêpe dentelle, elle est souvent trop cuite.
    - "...Malévurusse que c'est de voir ça..." p.163
    Remarque : Malévurusse s'emploie de préférence en interjection à la place de "malheureux" ou même de "mon Dieu". Dans la phrase ci-dessus il aurait été préférable d'écrire : "Malévurusse ! c'est pas possib de voir ça...